Le ruisseau du Quinquis

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  • SITUATION : le ruisseau du Quinquis de sa source à l'Odet, la zone humide de Menez Prat
  • LES ZONES HUMIDES : Définition, intérêt, enjeu
  • LA FLORE : Quelques-unes des plantes recensées à Ménez-Prat
  • Vous pouvez aussi suivre en photos l'évolution du site en visitant la galerie du CAREPA sur Picasa Web.
  • La Charte de l'environnement du Quinquis

  • I.  SITUATION

    Le Quinquis prend sa source au Grand-Guélen, près de la voie express (coin supérieur droit de la photo). Il descend vers le sud-ouest dans la zone industrielle (en cours de terrassement sur la photo), passe sous la route de Rosporden, traverse la zone humide de Ménez-Prat (balise rouge), longe l'avenue du Morbihan vers l'ouest, la franchit et poursuit son cours vers le sud jusqu'à l'étang du Lendu, puis oblique vers le sud-ouest pour se jeter dans l'Anse de Toulven sous le nom de "ruisseau du Lendu".

    Un clic sur cette image vous dirigera vers Google Maps. Vous pourrez alors zoomer, remplacer la vue satellite par un plan ou même l'afficher en 3D si vous acceptez d'installer le plugin google earth. La première partie du cours du Quinquis n'est pas figurée sur le plan, mais vous pourrez le suivre à partir de l'avenue du Morbihan jusqu'à l'Anse de Toulven, où il rejoint l'Odet. Maintenez le bouton gauche de la souris appuyé pour déplacer la carte à volonté. Le mieux est d'alterner les vues "satellite" et "plan".




    Le site de la ville de Quimper propose un ensemble cartographique qui permet de suivre le cours du Quinquis depuis sa source. Cliquez sur l'image pour y accéder. Vous devrez alors indiquer le lieu recherché. Tapez "Menez Prad" (avec un "d"), validez et vous verrez apparaître sur le plan le tracé de la voie qui desservira la future zone industrielle. Si vous passez en mode "vue aérienne", vous constaterez que l'emprise de cette rue mord dangereusement sur la zone humide et que le périmètre "vert" a déja bien diminué par rapport à la vue "google" ci-dessus :



    Passez ensuite en mode "carte IGN". L'affichage est un peu capricieux et refuse certains niveaux de zoom.  Déplacez le curseur à gauche de l'écran vers le haut ou vers le bas pour faire apparaître la carte. Vous y êtes : Le ruisseau du Quinquis figure en pointillé bleu depuis sa source, en haut à droite de l'extrait ci-dessous.





    II.  ZONE HUMIDE

    CODE DE L'ENVIRONNEMENT
    Article L 211-1
    ( Version en vigueur au 14 juillet 2010 )


    I. - Les dispositions (...) du présent titre ont pour objet une gestion équilibrée et durable de la ressource en eau ; cette gestion prend en compte les adaptations nécessaires au changement climatique et vise à assurer :
    1. La prévention des inondations et la préservation des écosystèmes aquatiques, des sites et des zones humides ; on entend par zone humide les terrains, exploités ou non, habituellement inondés ou gorgés d'eau douce, salée ou saumâtre de façon permanente ou temporaire ; la végétation, quand elle existe, y est dominée par des plantes hygrophiles pendant au moins une partie de l'année ;
    2. La protection des eaux et la lutte contre toute pollution par déversements, écoulements, rejets, dépôts directs ou indirects de matières de toute nature et plus généralement par tout fait susceptible de provoquer ou d'accroître la dégradation des eaux en modifiant leurs caractéristiques physiques, chimiques, biologiques ou bactériologiques, qu'il s'agisse des eaux superficielles, souterraines ou des eaux de la mer dans la limite des eaux territoriales ;
    3. La restauration de la qualité de ces eaux et leur régénération ;
    4. Le développement, la mobilisation, la création et la protection de la ressource en eau ;
    5. La valorisation de l'eau comme ressource économique et, en particulier, pour le développement de la production d'électricité d'origine renouvelable ainsi que la répartition de cette ressource ;
    6. La promotion d'une utilisation efficace, économe et durable de la ressource en eau ;
    7. Le rétablissement de la continuité écologique au sein des bassins hydrographiques. (...)
    II. - La gestion équilibrée doit permettre en priorité de satisfaire les exigences de la santé, de la salubrité publique, de la sécurité civile et de l'alimentation en eau potable de la population. Elle doit également permettre de satisfaire ou concilier, lors des différents usages, activités ou travaux, les exigences :
    1. De la vie biologique du milieu récepteur, et spécialement de la faune piscicole et conchylicole ;
    2. De la conservation et du libre écoulement des eaux et de la protection contre les inondations ;
    3. De l'agriculture, des pêches et des cultures marines, de la pêche en eau douce, de l'industrie, de la production d'énergie, en particulier pour assurer la sécurité du système électrique, des transports, du tourisme, de la protection des sites, des loisirs et des sports nautiques ainsi que de toutes autres activités humaines légalement exercées.

    IMPORTANCE


    Biodiversité :Les zones humides sont véritablement le berceau de la diversité biologique. La survie d''innombrables espèces dépend d'elles, directement ou indirectement, et chaque zone humide qui disparaît ou se trouve altérée par des désordres d'origine humaine entraîne la disparition d'espèces animales et végétales.

    Régulation hydrologique : Les zones humides d'un bassin versant limitent l'effet des crues en se gorgeant d'eau et en la restituant petit à petit à la nappe phréatique et aux cours d'eau.

    Épuration naturelle : Le sol spongieux et les plantes hygrophiles qui peuplent les zones humides stockent et transforment les matières nutritives, empêchant la pollution de la nappe phréatique et des eaux de surface utilisées pour la consommation humaine.


    FRAGILITÉ


    Malheureusement, les zones humides sont sans doute les écosystèmes les plus menacés par les activités humaines, qu'il s'agisse d'industrie ou d'habitat. On estime que le XXe siècle a vu la disparition des deux tiers d"entre elles en France. Quand elles ne sont pas purement et simplement labourées pour faire place au bitume ou au béton, elles subissent les effets dévastateurs de toute transformation violente du terrain à proximité.
    • L'imperméabilisation des sols par bétonnage ou bitumage ( routes, parkings, bâtiments ) entraîne le ruissellement d'eaux de plus en plus polluées qui ne peuvent plus s'infilter et rejoignent trop rapidement les zones basses ( vallées, marécages ...).
    • Plus insidieuse, l'utilisation d'engins de plus en plus puissants bouleverse la structure des couches géologiques de surface et entraîne souvent une modification invisible mais lourde de conséquences de la circulation de l'eau en sous-sol.
    PERTURBER LES QUELQUES ZONES HUMIDES QUI SUBSISTENT,
    DIRECTEMENT OU INDIRECTEMENT,
    C'EST JOUER À L'APPRENTI SORCIER.





    III. LA FLORE DE MENEZ-PRAT


    Quelles plantes trouve-t-on dans la zone humide de Ménez-Prat ? Quelles sont leurs caractéristiques ?

    Pour commencer, quelques plantes observées le 17 avril 2011 lors de la fête à la ferme du Quinquis.




    Ache faux cresson (Helosciadium nodiflorum)

    On le confond parfois avec le cresson de fontaine. Son feuillage dégage une légère odeur de céleri mais ne se consomme pas. Il n'est donc pas cultivé mais on l'utilise parfois en lagunage comme plante dépolluante.
    isaisons
    CRDP Besançon


    Blechne en épis (Blechnum spicant)

    La seule espèce européenne d'un groupe de fougères tropicales. Les touffes peuvent atteindre 50 cm de hauteur et se rencontrent surtout dans des lieux humides. Cette élégante fougère présente la particularité d'avoir deux types de feuilles : Au centre, les feuilles fertiles dressées, et sur le pourtour des feuilles stériles. Elle n'est pas vraiment rare dans le Finistère, mais c'est une espèce protégée dans certains départements.
    Visioflora


    Carex (Carex)

    Les carex sont des plantes de la famille des cypéracées. Il en existe de très nombreuses espèces, très différentes par la taille. On le rencontre souvent dans des lieux humides, dont bien entendu Menez Prat


    Herbe à Robert (Geranium Robertianum)

    C'est un géranium vrai, contrairement aux "pélargoniums" faussement appelés "géraniums". Il est très courant dans nos jardins, où il est considéré comme une "mauvaise herbe". Il est vrai qu'il peut proliférer, mais sa racine assez courte le rend très facile à arracher. De plus, c'est une plante médicinale reconnue, astringente, diurétique et tonique. On en tire une huile essentielle aux propriétés antiseptiques.
    isaisons



    Menthe aquatique (Mentha aquatica)

    Ainsi que son nom l'indique, cette menthe préfère les lieux humides. Elle est très parfumée, plus douce cependant que la menthe poivrée, et peut s'utiliser en infusion comme ses cousines.
    À Menez Prat elle est omniprésente, formant des colonies importantes à proximité du ruisseau.




    Morelle douce-amère (Solanum dulcamara)

    La douce-amère est une solanacée, comme les tomates et les pommes de terre. C'est une belle plante vivace dont les tiges forment des lianes qui deviennent ligneuses en vieillissant. Elle se plaît en zone humide, mais on la trouve aussi dans nos jardins.  Ses baies rouge vif sont très toxiques.


    Osmonde royale (Osmonda regalis)

    C'est une magnifique fougère dont les frondes peuvent atteindre 2 mètres. Elle fait partie des plantes caractéristiques des zones humides et se raréfie au fur et à mesure de la destruction de ses biotopes. Elle bénéficie dans le Finistère du statut de plante protégée.


    Rumex (Rumex)

    L'oseille et le kaol morc'h sont les rumex les plus connus. Sur le pourtour de Menez Prat on trouve de la petite oseille, mais pas dans la zone humide elle-même où pousse une autre espèce de rumex.


    Scolopendre (Asplenium scolopendrium)

    Cette fougère est commune dans notre entourage. On la rencontre un peu partout, mais elle préfère l'ombrage et les lieux humides. Elle s'installe dans les creux de murs, à l''intérieur des puits et près des mares et ruisseaux.


    Sibthorpie d'Europe (Sibthorpia europaea)

    Il faut y regarder de près pour découvrir la sibthorpie, car ses feuilles sont minuscules.
    Cette petite plante tapissante se rencontre presque exclusivement en Bretagne, où elle reste plutôt rare. Elle est protégée dans la plupart des régions, dont notre voisine "Pays de Loire". Elle se développe en atmosphère humide au bord de ruisseaux, comme à Menez Prat.